Travaux de rénovation : ce que votre assurance habitation couvre vraiment

Acheter un bien immobilier pour le rénover, c’est une aventure qui mobilise bien des ressources, y compris sur le plan assurantiel. Entre l’acte de vente et la réception du chantier, les risques évoluent, les garanties peuvent se retrouver inadaptées, et une simple omission de déclaration peut coûter très cher en cas de sinistre. Voici ce qu’il faut savoir avant de démarrer les travaux.

Dès l’achat, le logement doit être couvert

Un bien vacant ou en travaux n’est pas à l’abri d’un dégât des eaux, d’un incendie ou d’une intrusion. Souscrire une assurance habitation dès la signature de l’acte de vente est donc indispensable, même si le logement n’est pas encore habitable. En France, on comptait 46,3 millions de contrats multirisques habitation (MRH) à fin 2025, pour une prime moyenne de 323 euros hors taxes, en hausse de 7,8 % sur un an. Cette progression reflète notamment la revalorisation de la surprime catastrophes naturelles entrée en vigueur au 1er janvier 2025.

Dès que les travaux débutent, les risques de sinistres augmentent. La garantie dommages aux biens couvre les dégâts matériels (incendie, dégât des eaux, tempête) sur les éléments immobiliers existants, tandis que la responsabilité civile protège en cas de dommages causés à des tiers, comme des fissures apparues chez le voisin en raison du chantier. 

L’obligation de déclarer les travaux à l’assureur

L’article L113-2 du Code des assurances impose à tout assuré de signaler toute modification du risque. Concrètement, si vous aménagez des combles, construisez une véranda, installez une piscine de plus de 10 m² ou réalisez une extension, vous devez en informer votre assureur. Le délai légal est de 15 jours après la fin des travaux, mais il est conseillé de prévenir en amont, au moins 15 jours avant le démarrage du chantier, pour ajuster les garanties sans rupture de couverture.

Omettre cette déclaration n’est pas sans conséquence : en cas de sinistre, l’indemnisation peut être réduite proportionnellement, voire refusée. La sous-assurance est un risque réel dès lors que la surface ou la valeur du bien augmentent sans mise à jour du contrat.

Gros travaux : des garanties supplémentaires à prévoir

Pour les chantiers importants (extension, surélévation, restructuration lourde), la MRH seule ne suffit pas. L’assurance dommage-ouvrage devient obligatoire : elle couvre les dommages liés à des modifications majeures du logement et représente généralement entre 2 et 4 % du montant total des travaux, avec un minimum d’environ 2 500 euros. Pour un projet de rénovation, les tarifs se situent souvent entre 2 900 et 3 500 euros.

Côté artisans, vérifiez systématiquement leur garantie décennale avant de signer quoi que ce soit. Elle couvre pendant dix ans les désordres rendant le logement impropre à son utilisation, et la garantie de parfait achèvement oblige le professionnel à réparer les malfaçons dans l’année qui suit la réception des travaux. À noter que les dommages survenus en l’absence de permis de construire, ou résultant d’erreurs de conception, sont généralement exclus de toute prise en charge.

Anticiper la dimension assurantielle d’un projet de rénovation, c’est éviter les mauvaises surprises au moment où elles font le plus mal. Un contrat bien calibré, régulièrement mis à jour, reste le meilleur filet de sécurité tout au long du chantier.

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